La dictature du « Faire » : Et si on s’en foutait pour enfin devenir ?
Est-ce que tu as déjà ressenti ce décalage absurde, presque douloureux, entre ce que la société attend de toi et ce que ton ventre te crie ? On vit dans un monde qui valorise l’utilité, la performance, la vitesse. Il faut être un bon citoyen, un bon parent, un entrepreneur efficace, une personne « réglée ». Mais à force de suivre ces règles invisibles, on finit par devenir des étrangers pour nous-mêmes.
Je vais te faire un aveu : il m’arrive de saturer. De vouloir tout envoyer valser. Ce sentiment n’est pas une erreur de parcours, c’est un signal. Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de cette quête de sens qui nous échappe, de cet égoïsme vital qu’on nous interdit, et de pourquoi nous passons notre temps à fuir ce que nous sommes vraiment.
L’insurrection de l’égoïsme : Merci Maslow
On nous a appris que l’égoïsme était un vilain défaut. Pourtant, si on regarde la pyramide de Maslow, comment espérer atteindre le sommet — celui de l’accomplissement et du sens — si nos bases sont rongées par le sacrifice permanent ?
Il existe une forme d’égoïsme sain, une reprise de pouvoir sur sa propre vie. C’est le moment où tu décides de t’en foutre. Tu te fous du regard des autres, des conventions sociales qui t’essoufflent, des « il faut » qui te vident de ta substance. S’affranchir de ces règles, ce n’est pas devenir asocial, c’est devenir sincère. C’est dire « non » à une sécurité factice qui ne te rapporte rien, pour dire un grand « OUI » à ce qui vibre en toi.
Derrière chaque peur de déplaire, il y a un POURQUOI qui attend qu’on lui laisse la place de respirer.
La géographie de nos fuites quotidiennes
Le téléphone et son flux abrutissant sont les coupables idéaux, mais ils ne sont que la face émergée de l’iceberg. Nos stratégies de fuite sont bien plus sophistiquées que le simple scroll :
- Le refuge dans l’hyper-productivité : Tu sais, cette manie de remplir chaque minute de ta journée pour ne surtout pas avoir à affronter le silence. On range, on organise, on planifie, on traite des mails inutiles. C’est une fuite par le mouvement.
- L’addiction à l’information : Consommer des actualités anxiogènes ou des tutoriels en boucle pour se donner l’illusion d’apprendre, alors qu’on ne fait qu’empiler du savoir sans jamais passer à l’action.
- Le perfectionnisme de façade : Passer des heures à peaufiner un détail sans importance pour ne pas avoir à s’attaquer au cœur du problème : ton propre inconfort intérieur.
- Le « Sauveur » : S’occuper des problèmes des autres pour oublier que les nôtres sont en friche.
Toutes ces fuites ont un point commun : elles nous évitent l’ennui.
L’ennui : Ce n’est pas un gros mot, c’est une porte
On a peur de l’ennui comme s’il s’agissait d’un vide abyssal. Pourtant, l’ennui est le seul moment où le bruit s’arrête enfin pour laisser place à ta voix intérieure. C’est dans ce creux, dans ce temps suspendu où tu n’es plus « utile » à personne, que tes racines peuvent enfin puiser ce dont elles ont besoin.
Prendre le temps de regarder à l’intérieur, c’est accepter de voir nos ombres, nos addictions, nos freins. C’est inconfortable, c’est certain. Mais c’est le prix de la sérénité d’esprit. Préfères-tu un abrutissement confortable ou une lucidité qui te remet en mouvement ?
Faire un pas, enfin
La vérité, c’est que nous avons peur. Peur de réussir, peur d’être reconnus pour qui nous sommes vraiment, peur de ne plus avoir d’excuses. Mais la sécurité que tu crois protéger en restant immobile est une illusion. Elle ne te protège pas, elle t’enferme.
Le chemin vers ton POURQUOI commence par un état des lieux sans filtre. Chaque soir, pose-toi la question : « Ai-je agi pour paraître ou pour être ? ». Et chaque matin, redéfinis tes besoins, pas tes obligations.
Il est temps de retrouver tes racines, de comprendre quelle est la graine que tu portes en toi depuis toujours et que tu as laissée s’assécher sous le bitume des conventions sociales.
Et toi, quelle est la règle dont tu rêverais de t’affranchir aujourd’hui ? Quelle est ta fuite préférée quand le silence devient trop lourd
N’hésite pas à partager ton ressenti en commentaire, à envoyer cet article à quelqu’un qui se perd dans le « faire », ou à faire le premier pas concret en remplissant le Questionnaire de Germination. C’est parfois dans une simple réponse qu’on trouve la clé de son propre verrou.

